Une plante à l’honneur : l'ortieLes gastronomes l’utilisent dans les potages en cuisine, le médecin prescrit la petite ortie, l'Urtica urens, dans le Combudoron pour lutter contre les brûlures et démangeaisons en association avec l’Arnica ainsi que dans différents remèdes favorisant la circulation du sang. Le promeneur la redoute et s’en éloigne, le jardinier naturel prépare un purin et enfouit la plante entière dans le trou de plantation des légumes voraces en matières organiques, le bio-dynamiste l’enterre, entourée de tourbe, pendant un an, pour ensuite l’intégrer aux autres préparations destinées aux composts de notre jardin. Mais la « gaillarde », comme l’appelle Rudolf Steiner, a plus d’un tour bio-dynamique dans son sac. Faisons le point sur ses diverses utilisations : La plus commune, l’ortie dioïque (Urtica dioica), la grande ortie, est une plante irremplaçable pour la croissance des plantes, par sa dynamique et son rôle ordonnateur. Là où elle est absente, il faudrait la remplacer par de l’ortie séchée, précise même Rudolf Steiner dans « fondement de la méthode bio-dynamique ». Elle élabore le soufre, véhicule la potasse et le calcium et diffuse le rayonnement ferreux. Elle régule le fer : là où il est en excès, elle l’absorbe et là où il en manque, elle en apporte. On peux aussi rencontrer la petite ortie (Urtica urens), moins commune, et les fausses orties : l'ortie jaune (lamium galeobdolon), l’ortie rouge (lamium purpureum), l’ortie puante (stachys sylvatica) et l’ortie royale (galeopsis tetrahit), toutes de la famille des lamiacées. L’ortie blanche ou lamier blanc (lamium album), non urticant, n’est pas une ortie et ses propriétés sont sensiblement différentes. Les utilisations au jardin :
A la plantation et en extrait végétal :Traditionnellement, beaucoup de jardiniers utilisent l’ortie de deux manières : en purin (ou extrait fermenté) et lors de la plantation en incorporant une ou deux poignées de plante fraîche dans le trou de plantation accompagné parfois de compost. L’incorporation d’orties lors de la plantation est particulièrement recommandée pour favoriser le démarrage des plantes gourmandes en azote, comme les cucurbitacées (potirons, potimarrons, melons, etc…), les tomates, poivrons, aubergines. Il faut veiller à ce que ni le compost, ni les orties ne touchent les racines. Élaborer un extrait fermenté d’ortie :Remplissez un récipient d’orties fraîches (1kg de plantes pour 10 litres) et couvrez avec de l’eau. Utilisez de préférence de l’eau de pluie, sinon de l’eau qui a capté le soleil quelques heures (température entre 15 et 25 °C si possible) et que vous aurez oxygéné de temps en temps. Brassez régulièrement votre préparation quand vous avez l’occasion pour réoxygéner le mélange et régulariser la fermentation. Quand les bulles de fermentation ont disparu, l’extrait d’ortie est à son stade optimum, prélevez-en après avoir filtré et mis les restes de végétaux au compost, et mettez en bidon pour avoir du stock. Lors de la macération, vous pouvez ajouter des plantes aromatiques ou des feuilles d’angélique afin d’éviter trop de mauvaises odeurs. Élaborer une infusion d’ortie pour soigner les plantes :
On porte une casserole d’eau et d’ortie à ébullition, on éteint le feu et on laisse infuser de 20 min à 12 h selon l’utilisation recherchée (au moins 20 min pour renforcer la résistance des plantes et 12 h pour avoir une action insectifuge). Propriétés médicinales de l’ortieElles sont très nombreuses et malheureusement méconnues, en voici quelques unes. Sauf précision contraire, il s’agit des feuilles d’Urtica dioica.
La tisane d’ortie pour ses vertus médicinales :Une cuillerée à soupe d’orties séchées (jeunes pousses et feuilles), à laisser infuser au moins dix minutes dans ¼ de litre d’eau. Le goût n’est pas désagréable, et cela se boit très bien sans sucre. A ce dosage, on peut en prendre pendant plusieurs mois sans inconvénient. Ne pas en prendre à longueur d’année sans ménager des interruptions de deux ou trois semaines pour éviter l’accoutumance. Le goût dépendra beaucoup de la qualité des orties. La culture de l'ortie
Il est bien évident que la valeur nutritive d’une plante varie beaucoup suivant la fertilité du sol, l’arrosage, l’ensoleillement, le stade de coupe et la qualité du séchage. Elle mérite bien sa réputation de rebelle car elle ne se laisse pas dompter facilement, elle se prête mieux à une culture artisanale que mécanisée : dans votre jardin elle sera parfaite ! L’ortie exige une terre riche en matière organique bien décomposée avec un pH de 6 à 7, même si on la rencontre sur des terrains beaucoup plus acides. Elle préfère le plein soleil mais supporte la mi-ombre, elle apprécie les sols plutôt humides, bien drainés, à tendance argileuse, mais peut s’accommoder de tout type de sol pas trop sec. En fait elle a surtout besoin d’eau au début de sa croissance. Une fois qu’elle a développé son système racinaire, elle résiste bien à la sécheresse. A noter que la culture de l’ortie ne nécessite aucun entretien particulier et la plante est insensible aux maladies. L’ortie en cuisineDe nombreuses recettes existent car l'ortie est un régal en cuisine. En voici deux pour vous allécher, beaucoup d’autres sont à découvrir dans les livres en référence ci-dessous. Vous connaissez déjà la recette du cake aux orties de Pascale Fromonot, cliquez sur ce lien pour y accéder : cake aux orties. Et découvrez la recette de la tarte aux orties en cliquant sur : Tarte aux orties. Bon appétit.
Par Hervé Valoteau Et pour en savoir plus :
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